LETTRE OUVERTE A CLAUDE SMANIOTTO
Alors, Claude, es-tu satisfait des résultats de ces élections ? Moi non !
J’ai mal au coeur de constater le triste résultat d’une stratégie dont tu es en grande partie responsable. Tu n’es pas le seul, certes : le soutien ambigu de P.L Giordan et le « lynchage » ciblé de J.A Siri, dont le nom a été rayé sur de nombreuses listes panachées, ayant mis d’autres obstacles sur la route de notre liste d’union.
Quel triste bilan au lendemain de ce second tour ! Tu n’as rien gagné, tu as conduit tes colistiers vers l’échec, en outre tu as entraîné Jean, Alexandre Siri dans ta chute.
Toi qui portais les espoirs de la gauche (même si tu n’as pas revendiqué officiellement cette appartenance, ta proximité avec le Parti Communiste est de notoriété publique), tu as contribué à faire élire un maire UMP plutôt qu’une liste sans étiquette.
Je ne suis pas la seule à m’interroger sur l’absence de logique (sans parler de l’inélégance) de la démarche.
Tu portes maintenant sur tes épaules un poids très lourd.
Toi qui disais vouloir le “renouveau”, est-ce ainsi que tu voyais les choses pour ton village ? Le “renouveau” avec Donadey et consort ?
Toi qui a siégé pendant plusieurs années au conseil municipal,
toi qui a été réélu sur la liste SIRI lors des élections partielles de janvier 2007,
toi qui t’es souvent opposé à nos côtés aux méthodes (ou plutôt à l’absence de méthodes) et aux projets de Pierre Donadey (notamment celui de l’école sur lequel tu as travaillé),
tu es pourtant bien placé pour savoir que cette personne, comparée à J.A Siri, n’a pas l’envergure d’un bon maire !
J.A Siri et toi avez connu des divergences de vue ; ton ego a souffert de certaines de ses décisions ; tu as voulu voler de tes propres ailes en testant ta popularité lors d’un premier tour, soit. Fallait-il pour autant t’enferrer dans cette position rigide, et contrer son accession à la Mairie, après ces années de combat à ses côtés ? Fallait-il t’opposer de cette façon aussi radicale à un homme qui a longtemps été ton mentor en politique, qui te considérait comme son « dauphin » et dont l’intention était de te préparer à sa succession au cas où il aurait été élu maire ?
Les uns y ont vu un signe de trahison, d’autres, en quête d’une explication psychanalytique, une forme de « meurtre symbolique du père ». Certains, comme moi, continuent de s’interroger sur tes motivations profondes.
Si les raisons sont plus politiques que personnelles, et qu’il faut les chercher, comme le font certains Escarénois, du côté du conseiller général communiste du canton, qui t’aurait imposé cette « discipline de parti », j’espère que celui qui t’a poussé dans cette impasse fera les frais de son mauvais calcul lors des prochaines cantonales… Il a déçu bon nombre de ses ex-électeurs, et devra à l’avenir se passer de leurs suffrages.
Tout ce que je peux te souhaiter, c’est du courage, car il t’en faudra pour assumer les conséquences de tes actes.
Carole Guinard
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